Jean-Marc Blier (1921-1994)
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1921, 24 juillet, Naissance de Jean-Marc Blier à
St- Eleuthère, comté de Kamouraska,
Québec. Blier grandit dans cette région située au sud-ouest de Rivière-du-Loup.
Son père, défricheur, était aussi ébéniste.
1927, Déménagement à Trois-Rivières, Québec.
Blier père s'installe comme entrepreneur.
En 1929, autre déménagement, cette fois, à
Montréal. Jean-Marc Blier a huit ans à cette époque. Aux côtés de son père, il
apprend à travailler le bois et à fabriquer des meubles.
Parallèlement à son apprentissage auprès de son
père, Blier avait manifesté très tôt un goût du dessin qui s'était de plus en
plus affirmé. C'est le sculpteur Alfred Laliberté,
très encourageant, qui recommande au futur artiste d'étudier la peinture. Le
jeune Blier s'inscrit d'abord aux cours du soir, puis aux cours réguliers des Beaux-Arts.
La guerre survient et en 1941, Blier s'enrôle
volontairement dans l'armée canadienne active où il deviendra lieutenant,
instructeur dans l'infanterie. "Le gouvernement avait jugé que l'art
n'était pas essentiel en temps de guerre... quinze jours après, il changeait
d'idée mais il était trop tard. Mes copains et moi avions signé. Nous étions
enrôlés." Disait- il en riant !
Blier ne quittera pas le Canada et ne visitera
pas les musées des vieux pays comme il le souhaitait. Ce ne sera que parti
remise !
À sa démobilisation en 1944, il retourne aux Beaux-Arts et à l'atelier de son père. Il mène pendant un
certain temps la vie de bohème. Il sera tantôt peintre, tantôt ébéniste mettant
à contribution l'habileté héritée de son père. C'est durant cette période, en
1949, qu'il rencontre Marie-Paule, sa future épouse.
Quelques expositions ont marqué cette première
période de production.
1950 Il expose au Salon du Printemps, au Musée
des Beaux-Arts de Montréal.
1953 Il expose au Montréal Arts Club.
1954 Deuxième exposition au Montréal Arts Club.
Avril 1954, Blier se marie, il se range ! Dans la
même année, son père de 62 ans, souffre de maladie du coeur,
Jean-Marc Blier décide de l'aider à diriger son atelier. Il devient homme
d'affaires tout en confiant à son épouse qu'il reviendra à ses amours de
peintures plus tard.
Il rencontre l'avocat Charles Greenshields,
un écossais qui a commencé à peindre à l'age de 65
ans, en 1948, et qui, en 1956, lui a prêté sans garantie les 15 000 $ dont il
avait besoin pour bâtir à St-Hubert le premier atelier de l'usine qu'il
dirigera pendant 13 ans.
"...Au moment ou il quitte St-Henri pour
St-Hubert, Jean-Marc Blier n'a que six employés. Son épouse lui sert de
secrétaire, il est lui-même patron, vendeur, administrateur, estimateur,
dessinateur...
L'atelier de 50 pieds sur 100 qu'il
vient de bâtir doit suffire pour 10 ans mais, fin 1956, il faudra déjà doubler
la surface et le personnel passera à 18 ouvriers.
Encouragé par Jean-Marie Gauvreau,
directeur de l'école du Meuble, puis de l'institut des Arts appliqués,
Jean-Marc Blier soigne particulièrement la qualité de son travail et se fait
une réputation qui attire des commandes de plus en plus intéressantes.
Il agrandit son champ d'actions : menuiserie
générale, ébénisterie architecturale, ébénisterie commerciale, mobilier
institutionnel, mobilier commercial, étalages et expositions, esthétique
industrielle, décoration intérieure.
Orientée vers la diversification, l'usine
s'agrandit par étapes pour compter en 1968
40,000
pieds carrés d'atelier et un personnel permanent de 125
personnes réparties entre les divers services.
Plusieurs collaborateurs sont des diplômés des Beaux-Arts ou des Arts appliqués, la majorité d'entre eux
ont été formés dans les ateliers mêmes qui sont, en quelque sorte, autant
d'écoles de métiers spécialisés dans tous les secteurs de l'ébénisterie.
En 1968, Jean-Marc Blier est nommé homme du mois
de la revue Commerce.
1969, Vente de Blier inc
Suite à la vente de Blier inc.,
à 48 ans, Blier passera le reste de sa vie à faire ce que plusieurs d'entre
nous rêvons de faire : ce qu'il nous plaît, sans les pressions des résultats ou
des échéances compétitives.
Dès 1970, l ère exposition de retour au Centre
d'Art du Mont-Royal aux scènes de natures et de sites, Blier ajoute des scènes
qu'il se plaisait à appeler « décoratives ». . Le vernissage fut quand même un
événement rempli d'émotions : son grand ami Pierre Laporte (Ministre du travail
à l'époque) devait présider ce vernissage. Il fut assassiné quelques jours
auparavant. La crise d'octobre de 1970 fait trembler le Québec. Ce sera une
autre connaissance, Guy Saint-Pierre (SNC-Lavalin),
qui prendra la relève de cette fonction.
Plusieurs expositions se suivront au rythme de
trois ou quatre par année jusqu'en 1978 où l'éditeur Marcel Broquet
l'approche pour la parution du premier numéro de la collection
"Signature". La parution du livre a tout bonnement mené à une
exposition "sold out". Plusieurs se sont
offerts une des oeuvres du livre. Dès ce moment et
jusqu'à la mort de Blier, les participations à plusieurs livres, interviews,
articles, séances démonstratives, cours, expositions, se succèdent. Et comme
pour beaucoup d'artistes, l'intérêt porté par les médias à son oeuvre, sera toujours flatteur pour Blier.
En 1991, la Société Royale
Aubusson de France produira en tapisserie deux toiles de Blier.
Aussi passionné de sa peinture qu'il l'était,
Blier fonctionnait par vagues et ne peignait pas tout le temps. Trois mois de
repos, quelques semaines de production à Charlevoix, au Vermont, en Gaspésie,
six mois de repos... Bref, on imagine la liberté permise.
Comment s'imaginer l’homme ?
Un coup de vent ? Un passionné ? Un homme
d'action qu'aucun problème n'afflige ? Certes pas. Jean-Marc Blier, l'homme
d'affaire actif, a été très ralenti par sa santé cardiaque après la vente de
Blier inc. La technologie médicale et l'aide de très
bons médecins lui ont permis de continuer à bien vivre, certes, mais le rendant
plus prudent, plus sage, face à tout ce qui ne touchait pas les aventures des
arts.
Le coeur amélioré, ce
sera un cancer qui affligera Blier. En 1991, à son retour d'une exposition en
Californie, Blier consulte son médecin et apprend la nouvelle. Malgré le choc,
il ne se laisse pas abattre. Il sait qu'il en a pour trois ans mais n'en
souffle mot. Il se réfugiera dans sa peinture, sa soupape de survie.
En octobre 1994 très affaibli, il sera
hospitalisé. Le 3 novembre 1994 il remerciera la vie pour ce qu'elle lui aura
apporté. La nature perd alors un grand fidèle.
Les oeuvres qu'il nous
laisse sont exceptionnelles. Il est vrai, on ne peut pas tous tout aimer;
plusieurs styles en peinture possèdent des publics différents. Néanmoins, par
son coup de spatule, ses ciels nuageux que l'on voit bouger, ses marines
enragées où l'on ressent le vent froid d'un bord de mer, ses qualités de
coloriste dans ses jardins, ses pommiers en fleurs, ses scènes vives d'automne
ou ses souvenirs tendres de printemps, les oeuvres de
Jean-Marc Blier immortalisent la personnalité franche de l'homme, de l'artiste
qu'il était.